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Sommet Canada-UE : von der Leyen maintient l'idée d'un membre associé

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a relancé à Montréal l'idée que le Canada devienne membre associé de l'Union européenne. Le premier ministre Mark Carney a repris l'expression, alors que l'Allemagne s'oppose à ce statut.

La rédaction Publié le 3 min de lecture

Jeudi, à Montréal, Ursula von der Leyen a de nouveau évoqué la possibilité que le Canada devienne membre associé de l'Union européenne. Dans un discours prononcé uniquement en anglais, lors d'un événement de l'Institut C.D. Howe au Club Mont-Royal, la présidente de la Commission européenne a admis qu'une adhésion pleine et entière était exclue pour des raisons géographiques. Elle a néanmoins assuré que les deux partenaires voulaient hisser leur relation au plus haut niveau possible, et que Bruxelles étudiait précisément cette piste. Le statut évoqué n'existe pas dans les traités de l'Union.

Mme von der Leyen décrit ce statut comme une association sans adhésion, fondée sur une ambition et une vision partagées. Cela supposerait d'aligner les politiques, notamment en intelligence artificielle, sur le climat, l'énergie et la sécurité, ainsi que de coordonner programmes et gouvernance entre la Commission et Ottawa. De son côté, le premier ministre Mark Carney a employé l'expression en anglais devant une douzaine d'entreprises canadiennes et européennes, parlant d'une alliance pour l'avenir. Plus tôt, il avait toutefois soutenu que le nom importait peu et qu'il ne s'agissait pas d'une simple opération de communication.

Les propos de la présidente contrastent avec des informations selon lesquelles l'expression aurait été retirée du texte commun attendu à l'issue du sommet. Selon Radio-Canada, un brouillon évoquait plutôt une association toujours plus étroite, et l'Allemagne aurait fait de cette question une condition non négociable. À la Chambre des communes, Pierre Poilievre, chef conservateur, a accusé M. Carney de détourner l'attention ; il a aussi affirmé que les Européens avaient rejeté l'idée la veille, et que les Canadiens peinent à se nourrir ou à se loger.

Sur le fond, M. Carney met surtout en avant la souveraineté. Il a annoncé jeudi un financement de 1,6 milliard pour Cohere, entreprise torontoise d'intelligence artificielle, en complément d'investisseurs privés comme le conglomérat allemand Schwarz Group. Il a aussi repris le slogan Maîtres chez nous, issu de la Révolution tranquille, et relié la stratégie nationale de sécurité dévoilée le même jour à l'accès aux semi-conducteurs, aux minerais critiques ou aux vaccins. Le prochain budget fédéral, attendu jeudi prochain, portera le même nom.

Au Québec, le sommet a aussi provoqué un différend. Ottawa n'a pas accepté que le premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, prononce un discours lors du repas d'ouverture jeudi soir. Ce dernier a décidé de ne pas y assister et menace d'ignorer les ententes qui pourraient découler de la rencontre. Le député bloquiste Mario Simard a de son côté accusé le fédéral de traiter les provinces de manière inégale. M. Carney n'a pas précisé s'il reconnaissait la doctrine Gérin-Lajoie, qui prône une politique internationale propre au Québec.

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