Brésil : battu par Lula, le candidat conservateur conteste depuis les États-Unis
Battu au second tour par Lula, le candidat conservateur conteste le résultat depuis les États-Unis, où il s'est installé après une fuite. Son chef de campagne refuse de reprendre ses accusations de fraude.
Le second tour de la présidentielle brésilienne a été remporté par Lula, le président sortant, face au candidat conservateur. Âgé de 45 ans, ce dernier avait devancé Lula au premier tour, et sa défaite a surpris. Dans un message diffusé sur ses réseaux sociaux à destination du pays et de la communauté internationale, il s'est d'abord présenté comme le vrai président du Brésil, avant de se décrire comme le leader. L'Union européenne et Emmanuel Macron ont reconnu l'élection de Lula.
Il affirme avoir assisté à une fraude électorale et met en avant une impossibilité mathématique : selon lui, Lula aurait gagné 10 millions de voix entre les deux tours. Il évoque aussi des irrégularités, dont la prolongation des horaires d'ouverture des bureaux de vote, et accuse un juge d'avoir tenté de saisir ses passeports sept minutes seulement après. Selon lui, ces faits justifieraient la destitution du président. Peu après l'annonce des résultats, il avait dit qu'il demanderait l'annulation du scrutin, malgré les assurances de la justice électorale sur sa régularité.
Le sénateur Rogerio Marinho, chef de campagne à Brasilia, a exprimé sa solidarité envers le candidat, qu'il décrit comme un exilé politique. Il s'est toutefois distancé de la lettre en refusant de reprendre les accusations de fraude, estimant que le parti ne peut pas affirmer cela faute de preuve. Un rapport préliminaire de l'Organisation des États américains, qui a suivi le scrutin, n'émet pas de réserve sur l'intégrité des données, qui donnent l'avantage à Lula. Le candidat affirme de son côté qu'il dirigera l'opposition depuis les États-Unis.
Le candidat et sa famille ont atterri en Floride, au terme d'une fuite passant par l'Argentine et l'Équateur. Les autorités américaines indiquent les avoir admis conformément aux procédures d'immigration. Des visas leur avaient été accordés par l'administration de Donald Trump, qui n'a pas soutenu ouvertement la campagne. Le candidat est soupçonné de corruption et de blanchiment d'argent dans plusieurs enquêtes menées au Brésil, ce qu'il conteste. Ses passeports ont été annulés, et la police brésilienne ne le considère pas comme un fugitif. Lula avait estimé qu'une fuite serait honteuse, alors que l'ancien président, père du candidat, purge une peine de 27 ans de prison.
