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Binance rouvre progressivement les retraits après un vol de 6,3 milliards de dollars

La plateforme Binance a rouvert progressivement ses retraits de cryptomonnaies, dimanche 1er novembre, après un vol record que le FBI attribue à la Corée du Nord.

La rédaction Publié le 3 min de lecture

Binance, numéro un mondial pour le volume d'échanges de devises numériques, a annoncé dimanche 1er novembre la remise en route graduelle des retraits. Ces opérations avaient été suspendues après un vol de 6,3 milliards de dollars, soit environ 5,6 milliards d'euros, que le FBI attribue à la Corée du Nord. Selon la plateforme, les retraits reprennent d'abord sur le réseau Bitcoin, les autres réseaux et actifs devant suivre après des contrôles de stabilité et de sécurité. Binance, qui revendique 335 millions d'utilisateurs, indique que les fonds des clients sont sûrs et qu'elle prendra à sa charge l'impact financier du vol.

Les enquêteurs américains disent avoir identifié le groupe de pirates nord-coréens TraderTraitor. Ils ont constaté que les voleurs convertissaient les fonds détournés en ether, la cryptomonnaie d'Ethereum. Selon l'agence, ces actifs devaient ensuite être blanchis, notamment grâce à des services de finance décentralisée et à des échanges instantanés, qui changent une cryptomonnaie en une autre sans intermédiaire bancaire. Environ 500 adresses Ethereum, utilisées selon le FBI pour ce blanchiment, ont été rendues publiques, et les plateformes sont invitées à bloquer les transactions qui leur sont liées.

Le président Donald Trump a émis des doutes sur l'implication de Pyongyang. Il a déclaré à des journalistes, samedi soir, qu'il ne savait pas encore si la Corée du Nord était en cause. Le montant détourné équivaut à quatre fois celui que le même groupe aurait dérobé, selon le FBI, à la plateforme Bybit en février 2025, soit 1,5 milliard de dollars, précédent record du secteur. De son côté, Binance assure qu'aucun client ne sera lésé. Elle affirme avoir racheté des actifs équivalents à 90 % du montant dérobé et tente de récupérer les 10 % restants, qu'elle juge moins liquides.

TraderTraitor est jugé membre de Lazarus, un ensemble de pirates lui-même lié aux services de renseignement de Pyongyang. Ce groupe avait été accusé en 2014 d'avoir piraté le studio Sony Pictures Entertainment, après la sortie d'un film satirique sur le pays. Un rapport de l'armée américaine, publié en 2020, décrit une unité de cyberguerre nord-coréenne, appelée Bureau 121, forte de 6 000 employés, dont certains opèrent depuis l'étranger.

Ces attaques illustrent, selon les éléments rapportés, la capacité de Pyongyang à se procurer des revenus illicites, malgré de lourdes sanctions internationales liées à ses programmes nucléaire et balistique. Des observateurs s'inquiètent aussi de ce que les progrès de l'intelligence artificielle puissent un jour fragiliser la cryptographie et les protocoles de sécurité informatique.

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